Brodsky le newyorkais (Histoires suisses 2013, par Jean-Jacques Kissling) - Swiss Press Award

Le courrier de geneve
Jean-Jacques Kissling
Recherche photographique réalisée pour le courrier le 29 6 2012 à New york,
Joseph Brodsky le Newyorkais.
Une ville comme New-York a l’habitude d’adopter les artistes persécutés, Joseph Brodsky fut l’un d’eux. Il est né en 1940 à Leningrad, il est jugé à 24 ans pour « parasitisme social. A son retour il a tout perdu, mais ses poèmes ont déjà traversé les frontières. Les soviétiques lui donnent 10 jours pour quitter le pays. Départ en exil difficile, il sait qu’il ne reverra plus ses parents, ses amis et sa ville. Mais son envie d’écrire est plus forte. Il part pour Vienne, puis l’Italie et enfin New-York. Big Apple lui donnera le terreau nécessaire à l’épanouissement de son art. Il traduit Shakespeare en russe, donne des conférences dans les universités, écrit pour le New-York Times, mais compose toujours ces poèmes en russe. Son travail sera récompensé par le Nobel de littérature en 1987. Il habite un petit appartement au 44 de la rue Morton, à 2 pas de l’Hudson river. C’est là qu’il aime se promener, les vieilles amarres usées par la houle et noircies par le soleil sont autant de points et de lignes qui ressemblent aux mots qu’il affectionne. Il décède en 1996, il avait acheté une place dans le cimetière de Broadway, mais c’est à Venise qu’il sera inhumé. Quelques jours avant sa mort, il a écrit à tous ses amis pour qu’ils ne parlent pas de sa vie avant 2020. La mort est une ouverture sur l’écriture des poètes.
